Comédie et trépidations de Georges Feydeau

CHAT EN POCHE
Comédie et trépidations de Georges Feydeau

Le sieur Pacarel, industriel du sucre enrichi sur le dos des diabétiques rêve de faire jouer l'opéra écrit par sa fille. Il engage alors, Dufausset, ténor bordelais. C'est un autre qui viendra, qui sera pris pour Dufausset, amoureux de Marthe, épouse de Pacarel, qu'il confond alors avec Amandine, l'épouse du docteur Landerneau. Quiproquos, chassés-croisés, situations cocasses et abracadabrantesques se succèdent à un rythme effréné tout au long des trois actes pour la plus grande joie des spectateurs.
Une réussite pour ce Feydeau Décidemment, cette troupe, en reprenant cette pièce méconnue de Feydeau, ne finit pas de nous surprendre. Leur énergie, le jeu des acteurs, la finesse de la mise en scène nous donnent à voir un spectacle ébouriffant, dont on a peine croire qu'il ne rencontrât pas le succès à sa création au théâtre Déjazet en 1888. Feydeau, à ses débuts, maîtrisait déjà ce qui allait faire sa gloire quelques années plus tard : la combinaison Logique-Absurde. Elle est ici finement élaborée et le ton moderne de cette pièce, malgré ce langage aujourd'hui disparu, montre, si besoin était, que finalement le monde n'a pas tellement changé. Depuis le bourgeois gentilhomme de Molière, les naïfs sont toujours les naïfs, les escrocs toujours charmants et les amoureux toujours à contre courant. Le public jubile, s'amuse et le pire ennemi du théâtre, l'ennui, n'a pas sa place lors de ces représentations. D'ailleurs, le public ne s'y trompe pas, et pendant l'entracte, on entend ça et là des commentaires élogieux et l'on remarque que c'est la joie retrouvée d'un théâtre populaire et fin qui prend le dessus. Bien sûr, il y a d'autres auteurs dans ce siècle, disparus ou vivants, qui méritent d'être joués, mais pourrait on reprocher à ces acteurs de rendre ici toute la force et la précision du théâtre de Feydeau. La Nouvelle République du Centre-ouest / mercredi 18 janvier 2006
Le feu sacré. Feydeau c'est le rythme, la pulsation et le génie comique. Il y a fort à parier que Feydeau ne rougirait pas de la manière dont cette jolie troupe joue son Chat en poche. La Nouvelle République du Centre-ouest / mardi 12 Avril 2006
