BalButIemEnts
Spectacle muet mais pas silencieux
Au centre, un couloir. De chaque côté du couloir, un appartement. Dans chaque appartement, un occupant. Il y a Lui, pointilleux obsessionnel étriqué dans sa vie comme dans sa veste, maniaque de l'ordre, de la propreté et quelque peu inquiétant... Il y a Elle, agitée hystérique, personnage fantasque, évoluant au milieu d'un capharnaüm sans nom. Ces deux là sont voisins de paliers, et bien que séparés par quelques centimètres, ils vivent aux antipodes. Quoique... Singulièrement différents, ils ont quelques points en commun : Une profonde solitude et un même remède à cette solitude. A partir d'un même objet, un porte manteau a silhouette, chacun s'est crée chez soi un être fictif avec lequel il entretient une véritable relation amoureuse. Ils l'habillent, le nourrissent, le font danser, projettent en lui leur désir fou, celui d'un homme pour une femme et réciproquement.

Mais un jour où chacun décide d'offrir un petit café à sa
« moitié », Lui n'a plus de sucre, Elle n'a plus de café. De cette nécessité va naître la rencontre. De la méfiance au malaise qui crée les maladresses, le contact s'établit et crée le trouble. De la relation à l'autre fantasmé, ils basculent dans la réalité, non sans incident.... Elle est séduite par Lui. Très perturbé, ce dernier réagit de manière plutôt violente .Naît alors un enchaînement de situations poussées au paroxysme...
Jusqu'à ce que sa petite radio à Elle se mette en marche, et l'air de musique sur lequel chacun dansait autrefois avec son porte manteau, les ramène à leur monde imaginaire. Ils dansent dans leur bulle, et l'espace d'un instant, tout redevient comme avant. Un instant seulement, car se retrouvant sur le palier et se découvrant ... les portes manteaux tombent amoureux l'un de l'autre !
Les deux fantasmes prennent ensemble la clef des champs, laissant derrière eux deux êtres désemparés .Elle et Lui se retrouvent seuls, l'un face a l'autre, une histoire peut commencer à s'écrire. Mais ils n'en sont encore qu'aux balbutiements ...
Cette pantomime emprunte au climat des grands films muets expressionnistes. Par sa charge poétique et humoristique, elle fait aussi appel au registre du cinéma burlesque, tel que celui de Buster Keaton. Le spectacle étant muet, la musique se fait langage. Pour le public l'expérience émotionnelle repose alors, à la fois sur l'univers visuel et l'univers sonore.